LES "3" MISSIONS de la FONDATION VEROTS

 

Fondée en 1984 et déclarée d'utilité publique, la Fondation Pierre VÉROTS s'est donné trois missions, inscrites dans ses statuts :

 

 

Mission 1 : Faire de son domaine "un conservatoire des espèces de la flore et de la faune régionales" ;

 

Mission 2 : "Contribuer à la recherche scientifique sur ces espèces" ;

 

Mission 3 : "Participer à l'information du public dans les domaines précédents".

 

 

En pratique, ces trois objectifs ont constitué autant d'étapes, en partie chevauchantes, ayant aujourd'hui amené la Fondation Pierre VEROTS à la majorité (sinon à la maturité), de plus de 20 ans après sa création.

 

Le fondateur a donné le domaine de Praillebard situé maintenant sur quatre communes du sud-ouest de la Dombes, Saint-Jean-de-Thurigneux, Civrieux, Monthieux, Saint-André-de-Corcy et des immeubles à Lyon et à Villeurbanne dont les revenus assurent le fonctionnement de la fondation qui est gérée par un conseil d'administration, assisté d'un comité scientifique.

 

Sur le domaine de la fondation (355 hectares), soit les bois, les étangs, les prairies s'étendent sur 244 hectares et sont réservés à l'étude de ce milieu dombiste et à la préservation de la diversité biologique ; les 111 hectares de terres agricoles sont loués à des agriculteurs. La fondation tient en effet à conserver un ensemble représentatif du paysage dombiste.

UN DOMAINE "de NATURE"

1 / Un domaine, conservatoire de nature

 

Contrairement à ce que pensent certains "écologistes", il ne suffit pas d'interdire la chasse pour que la faune, encore moins la flore, soient protégées. Ce qui compte est la gestion d'un écosystème, dont toutes les composantes doivent être maîtrisées, comme l'exploitation des fonds ruraux ou la fréquentation humaine. Initialement, la Fondation a dû lourdement investir pour procéder au bornage et aux clôtures de ses parties les plus sensibles, ainsi qu'aux opérations de nivellement et d'aménagement permettant de revoir l'ensemble du réseau hydraulique, primordial pour le fonctionnement des étangs, ainsi que le bon état des chaussées et des thous.

 

La maîtrise de l'exploitation agricole et forestière a été également assurée (dont le réseau des chemins et des drainages), afin de reproduire autant que faire se peut le fonctionnement de la Dombes traditionnelle, générateur de biodiversité. Il a été procédé à la remise en eau d'un important étang, asséché pendant plus d'un siècle, et l'ensemble a été équipé d'un réseau de capteurs et transmetteurs des mesures de milieu, ainsi que de postes d'observation. Plus récemment un petit étang situé en marge du domaine a été réhabilité ce qui a été l'occasion de la confirmation de sa présence déjà en 1521 (datation obtenue a partir des ouvrages du thou en bois trouvé dans le fond de l'étang). Cette politique de réhabilitation des zones humides a été complétée par la création de mares

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Si l'essentiel est aujourd'hui acquis, des investissements restent nécessaires, comme le géoréférencement de la forêt et de l'ensemble du parc pour constitution d'un SIG, et la maintenance du domaine est une tâche permanente : réfection des clôtures, entretien des haies et des friches et fossés, signalétique.

 

La Fondation a prévu dans le cadre d’un plan simple de gestion forestière d’intégrer 115 ha de bois dans le réseau de forêt en évolution naturelle en Rhône-Alpes et de pratiquer sur les autres bois qu’elle possède une gestion en futaie irrégulière favorable à la biodiversité.

 

Dans ce contexte, la flore et la faune trouvent des conditions idéales d'accueil et de développement, susceptibles d'être modulées en fonction des connaissances acquises (par exemple pour les niveaux d'eau) et des objectifs patrimoniaux (espèces emblématiques, sur listes rouges, etc…) ou de recherche.

 

 

2 / Un domaine, laboratoire de nature

 

En l'état, le domaine Praillebard offre donc à la recherche un véritable laboratoire de nature "en bon état de marche" (que les universités actuelles sont dans l'impossibilité de s'offrir), doté d'un "bruit de fond" aussi bas que possible, et où les chercheurs peuvent expérimenter librement, hors de toute perturbation. On distinguera les inventaires et suivis réalisés par la Fondation, pour lui permettre de guider sa gestion, et les recherches proprement dites, conduites par les laboratoires extérieurs (universités, C.N.R.S., école d'agronomie, ONCFS), avec leurs objectifs propres et en fonction de la politique française de recherche en biologie et en écologie.

 

On peut en cela - toute échelle conservée et modestie gardée - comparer le domaine de la Fondation VEROTS à celui de la Tour-du-Valat, en Camargue, mondialement connu (avec lequel nous sommes d'ailleurs en relation). Hors organismes officiels (I.N.R.A, Office national de la Chasse et de la Faune sauvage), il n'existe pas en Rhône-Alpes, à notre connaissance, pareille possibilité pour la recherche scientifique de terrain. Même les parcs nationaux et les réserves naturelles du ministère de l'Environnement - dont certains assurent des activités de recherche - sont loin d'avoir les mêmes possibilités, et la même souplesse de fonctionnement.

 

 

3 / Un domaine, école de nature

 

Pendant longtemps, il a fallu aménager le domaine (son enfance), puis procéder aux inventaires et recherches nécessaire (son adolescence), pour "maîtriser l'outil" avant de le présenter dignement et utilement à l'extérieur (l'âge adulte, en somme).

Un trait d'union avec les collectivités et les sympathisants est constitué par "La Lettre de la Fondation" (dont le n°23 vient de paraître). En juin 2002, une activité plus que symbolique a été la tenue du Colloque interrégional consacré aux "Zones humides continentales" (sous l'égide du ministère de l'Environnement). La Fondation entend développer cette politique de communication scientifique d’ailleurs un deuxième colloque a été organisé en octobre 2008

sur le thème des Insectes en zones humides continentales. La constitution d'une bibliothèque et celle d'un site internet sont prévues

"LE PUBLIC"

 

En ce qui concerne le public, (dont un large accueil est exclu, dévolu par exemple au Parc des Oiseaux de Villars-les-Dombes), deux types d'activité sont possibles. Sur objectifs de formation précis (projets pédagogiques, formation in situ), des individus, écoles ou organismes ont été accueillis ; (comme des stages de l’ONCFS dans le cadre du Réseau Oiseaux d’eau zone humide) et doivent pouvoir continuer à l'être. Pour des visées plus récréatives, voire "touristiques", un partenariat actif a été engagé avec la Fédération des Chasseurs de l'Ain et la municipalité de St-André-de-Corcy, pour que le domaine de Vernange, qui jouxte celui de la Fondation VEROTS, soit en partie aménagé à cet effet (avec apport de notre savoir-faire écologique et pédagogique).

 

Pour réaliser ce programme, la Fondation Pierre Vérots s'est dotée d'un Conseil d'Administration garantissant son officialité administrative et gérant les moyens à sa disposition, y compris un minimum de personnels permanents. Elle s'est dotée d'un Comité scientifique pluridisciplinaire dont les compétences (bénévoles) s'exercent aussi bien au sein de la Fondation (définition des objectifs et suivi des travaux) qu'à l'extérieur de celle-ci (partenariat avec des laboratoires de recherche des Universités et du C.N.R.S., l'Ecole nationale Vétérinaire, la Société Linnéenne de Lyon). La Fondation Pierre VEROTS qui est associée à la politique départementale sur les espaces naturels sensibles a par ailleurs signé la charte de l'Agence de Bassin Rhône-Méditerranée-Corse, et celle de l'Académie de la Dombes (montrant ainsi que la dimension socioculturelle n'est pas absente de ses préoccupations)